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L’importance de l’obi dans les livres de photographie japonais.

L’obi est l’une des caractéristiques les plus intéressantes et particulières des livres de photographie japonais et, pour comprendre de nombreuses éditions japonaises, il est presque indispensable de comprendre sa fonction. L’obi est une étroite bande de papier qui entoure généralement le livre, comme une sorte de ceinture ou de bandeau. Au Japon, il est utilisé pour les livres, les disques et d’autres produits éditoriaux, et contient souvent des informations qui ne figurent pas sur la couverture principale : titre, auteur, éditeur, prix, date de publication, récompenses, critiques ou textes promotionnels. Dans les livres de photographie japonais, cependant, l’obi peut avoir une importance bien plus grande que celle d’un simple élément publicitaire. Tout d’abord, il fait partie de la conception éditoriale du livre. Dans de nombreuses éditions japonaises, le design de la couverture, de la jaquette et de l’obi a été pensé comme un ensemble. L’obi peut introduire une seconde couche graphique, modifier complètement l’apparence de la couverture ou même utiliser une image différente de celle qui figure sur la couverture. Cela est particulièrement évident dans de nombreux livres de photographie des années 1960, 1970 et 1980. L’obi peut pratiquement fonctionner comme une seconde couverture. Il possède également une fonction documentaire très importante. Il peut indiquer comment le livre a été présenté au public lors de sa publication. Il peut, par exemple, contenir une citation d’un critique, une phrase du photographe, des informations sur une exposition liée au livre, une récompense obtenue par l’auteur ou même une description du projet qui disparaît dans les rééditions ultérieures. C’est pourquoi, lorsqu’il s’agit d’une première édition japonaise, trouver le livre avec son obi original peut apporter des informations qui ne sont plus présentes dans un exemplaire sans obi. Il existe également une question purement matérielle. L’obi est extrêmement fragile. Comme il s’agit d’une bande de papier qui dépasse de la couverture, il est beaucoup plus facile qu’il se déchire, se perde, se tache ou se détériore. De nombreux anciens livres japonais qui possédaient à l’origine un obi nous sont parvenus sans celui-ci. Cela explique une situation très fréquente dans les livres de photographie japonais : on peut trouver deux exemplaires apparemment identiques, mais l’un conserve son obi tandis que l’autre ne l’a plus. Cela ne signifie pas nécessairement que le livre sans obi appartient à une édition différente. Il peut s’agir exactement de la même édition, mais incomplète par rapport à sa présentation éditoriale originale. Il faut également distinguer les différents types d’obi. Certains sont très simples et ne contiennent que le prix et les informations éditoriales. D’autres sont de véritables éléments graphiques, avec des photographies, des illustrations ou des textes plus longs. Dans certaines publications japonaises de photographie, l’obi peut représenter une part considérable des informations visuelles qui accompagnent le livre. Et c’est ici qu’apparaît un aspect particulièrement intéressant pour Dartbooks : l’obi peut également nous aider à identifier les éditions. Il permet parfois de distinguer une première édition d’une réédition, une édition spéciale d’une édition standard ou une édition publiée à l’occasion d’une exposition particulière. Il peut également indiquer un prix d’origine différent ou contenir des informations éditoriales permettant de situer chronologiquement l’exemplaire. Un livre peut être une première édition sans obi parce que celui-ci a été perdu. À l’inverse, une réédition peut parfaitement avoir conservé un obi. Il convient donc d’utiliser l’obi comme un élément supplémentaire de l’identification bibliographique, avec le colophon, la page de copyright, la date, l’ISBN lorsqu’il existe, le numéro d’édition et les caractéristiques physiques de l’exemplaire. Pour les livres de photographie japonais particulièrement importants, je le considérerais ainsi : Le livre est l’œuvre principale. La couverture et la jaquette font partie de sa conception éditoriale. L’obi constitue une couche supplémentaire d’information et de design qui appartient à la présentation originale de cette édition.

En définitive, l’obi fait partie de ces petites particularités qui rendent les livres de photographie japonais si fascinants sur le plan éditorial. Ce n’est pas simplement un emballage : dans de nombreux cas, il constitue un élément original de l’architecture graphique et documentaire du livre.

 
 
 

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