Marché du livre de photographie
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Dans le monde passionnant du collectionnisme de livres de photographie, il existe une terminologie spécifique qui permet de décrire avec précision les caractéristiques d’un exemplaire. Ces notions permettent de déterminer des éléments tels que sa provenance, son caractère singulier ou encore son importance bibliographique et, dans de nombreux cas, peuvent avoir un impact considérable sur sa valeur.
Dans cet article, nous allons revenir sur certains de ces termes et particularités, car certains détails peuvent faire varier radicalement le prix d’un livre de photographie, aussi bien à la hausse qu’à la baisse.
Signé par l’auteur
Un livre de photographie signé est un exemplaire portant la signature manuscrite du photographe lui-même, généralement apposée sur la couverture, la page de titre ou l’une des premières pages, sans qu’aucun message personnalisé ne soit adressé à une personne en particulier.
La signature de l’auteur augmente généralement de manière significative l’intérêt et la valeur d’un livre de photographie. Cependant, toutes les signatures n’ont pas nécessairement la même importance. Des facteurs tels que l’authenticité, la période à laquelle la signature a été apposée, le lieu où le livre a été signé ou encore la notoriété du photographe peuvent avoir une influence considérable. À caractéristiques égales, un exemplaire signé possède généralement une valeur supérieure à celle d’un exemplaire identique non signé.
Inscrit ou dédicacé par l’auteur
On parle d’exemplaire inscrit lorsque le photographe, en plus de signer le livre, ajoute un message personnel destiné à une personne déterminée. Il peut s’agir d’une simple dédicace, d’un salut, d’une phrase, d’une citation ou même d’un petit dessin réalisé à la main.
Il existe ici une différence importante par rapport à une simple signature. Une dédicace personnalisée peut apporter une grande valeur documentaire et sentimentale, mais elle n’augmente pas nécessairement la valeur commerciale du livre.
Par exemple, une inscription telle que « Pour Juan, avec toute mon amitié » transforme l’exemplaire en une copie unique. Cependant, si la personne qui acquiert le livre n’est pas Juan, cette personnalisation peut limiter son attrait pour d’autres acheteurs. C’est pourquoi, dans certaines circonstances, un exemplaire simplement signé peut être commercialement plus recherché qu’un exemplaire dédié à une personne inconnue.
Copie d’association
Une copie d’association est un exemplaire signé ou dédicacé par l’auteur à une personne entretenant une relation particulièrement significative avec lui, avec l’œuvre ou avec le contexte historique, artistique ou culturel dans lequel celle-ci a été créée.
C’est ici qu’une simple dédicace peut prendre une importance exceptionnelle. Si, par exemple, un photographe dédicace un livre à un autre photographe, à un éditeur, à un galeriste, à un écrivain ou à une personne étroitement liée au projet, l’inscription cesse d’être une simple dédicace personnelle et devient un véritable témoignage historique sur l’œuvre elle-même.
Nous avons récemment rencontré un cas particulièrement curieux avec un exemplaire de The Straw Hat, de Masahisa Fukase. En plus de la signature de Fukase lui-même, l’exemplaire conservait l’empreinte de son cher chat Momoe.
Une particularité de ce type transforme l’exemplaire en bien plus qu’un simple livre signé. Il devient une copie exceptionnelle, présentant une caractéristique qu’il serait extrêmement difficile de retrouver sur un autre exemplaire.
Et c’est ici qu’intervient l’une des règles les plus simples du collectionnisme : lorsque l’offre se limite à un seul exemplaire et que la demande est élevée, le prix peut atteindre des niveaux extraordinaires.
En définitive, dans le monde des livres de photographie, de petits détails qui peuvent sembler secondaires sont parfois capables de transformer complètement la nature et l’intérêt d’un exemplaire. Une signature, une dédicace, une provenance exceptionnelle ou une particularité unique peuvent transformer un livre ordinaire en une pièce véritablement extraordinaire.

Première édition
Dans le monde du collectionnisme de livres de photographie, parler de « première édition » ne signifie pas toujours exactement la même chose que parler de « première impression ». Bien que ces deux notions soient étroitement liées, il est important de les distinguer, notamment lorsque l’on cherche à déterminer quel est l’exemplaire le plus proche de la publication originale. La première édition correspond à la première version éditoriale d’une œuvre. Au sein de cette édition, plusieurs tirages ou impressions peuvent exister. C’est pourquoi, lorsque l’on cherche l’exemplaire le plus proche de la publication originale, on s’intéresse généralement à la première impression de la première édition. Prenons un exemple simple. Imaginons qu’un éditeur publie un livre de photographie à 500 exemplaires. Les 500 exemplaires sont vendus et, en raison de la demande, il décide d’en imprimer 500 autres exactement selon les mêmes caractéristiques, sans modifier le contenu, le design, la mise en pages ni aucun autre élément de la publication. Dans ce cas, les nouveaux exemplaires appartiennent toujours à la première édition, mais correspondent à une deuxième impression ou à un deuxième tirage. On peut donc rencontrer : First Edition, First Printing et First Edition, Second Printing Les deux appartiennent à la première édition, mais la première impression correspond au tirage initial. Mais que se passe-t-il si l’éditeur décide d’introduire une modification ? C’est ici que la question devient plus intéressante. Si, entre deux tirages, l’édition est modifiée d’une quelconque manière, même s’il s’agit d’un changement apparemment minime, il ne s’agit plus simplement d’une nouvelle impression de la même édition, mais d’une nouvelle édition. C’est pourquoi, dans le collectionnisme de livres de photographie, il est essentiel d’être attentif à tous les détails bibliographiques et physiques d’un exemplaire. Une modification du contenu, du design, de la mise en pages, du texte ou de certaines caractéristiques éditoriales peut suffire à distinguer une édition d’une autre.
Première édition Thus
Le terme First Edition Thus peut être particulièrement déroutant, notamment pour ceux qui commencent à se familiariser avec la terminologie du livre de collection. Le mot « thus » signifie littéralement « de cette manière » ou « sous cette forme ». First Edition Thus peut donc être compris comme « première édition sous cette forme ». L’expression n’indique pas qu’il s’agit de la première édition historique d’une œuvre. Elle désigne la première fois que cette œuvre est publiée sous certaines caractéristiques, dans un certain format ou selon une configuration éditoriale déterminée. Un exemple très simple serait celui d’un livre de photographie publié à l’origine en paperback. Si une édition reliée paraît ensuite pour la première fois, cette nouvelle publication peut être décrite comme First Edition Thus. L’œuvre avait évidemment déjà été publiée auparavant. Ce qui est nouveau, c’est la manière dont elle est présentée. On peut donc rencontrer une publication qui soit : First Edition : première édition historique de l’œuvre. First Edition Thus : première édition de cette œuvre dans une configuration ou un format déterminé. Cette distinction est particulièrement utile pour les livres de photographie, où les changements de format, de design, de reliure, de langue, de sélection d’images ou de caractéristiques éditoriales peuvent donner naissance à des publications qui, bien qu’elles reposent sur la même œuvre, possèdent une qualification bibliographique différente. En définitive, lorsque l’on rencontre l’expression First Edition Thus, il ne faut pas l’interpréter simplement comme « première édition ». C’est précisément le mot « thus » qui indique qu’il s’agit de la première édition de l’œuvre sous une nouvelle forme ou une nouvelle présentation éditoriale.

Sur l’image supérieure, nous pouvons voir la première édition de A1 The Great North Road, l’un des travaux les plus importants de Paul Graham. Le livre a été publié en 1983 par Grey Editions dans son format original en paperback.Sur l’image inférieure, nous trouvons une publication beaucoup plus tardive : la First Edition Thus éditée par Mack Books en 2020. Dans ce cas, l’œuvre apparaît pour la première fois dans cette nouvelle configuration éditoriale, en format relié, ou hardcover pour ceux qui préfèrent une terminologie plus précise.Bien que les deux publications contiennent le même projet photographique de Paul Graham, elles ne doivent pas être confondues sur le plan bibliographique. L’édition Grey Editions de 1983 constitue la première édition historique de l’œuvre, tandis que la publication de Mack Books de 2020 est une First Edition Thus, c’est-à-dire la première édition de A1 The Great North Road présentée sous cette nouvelle forme éditoriale.Il s’agit donc d’un bon exemple de la manière dont une même œuvre peut réapparaître plusieurs décennies plus tard dans un format complètement différent, sans que cette nouvelle publication puisse être considérée comme la première édition originale du livre de photographie.
Obi / Bellyband
L’obi, également appelé bellyband dans les pays anglophones ou simplement « bandeau » en français, est une étroite bande de papier qui entoure traditionnellement la couverture de nombreux livres japonais. Son nom vient du japonais 帯, qui signifie littéralement « ceinture » ou « bandeau », en référence à la manière dont il enveloppe le livre.Dans les livres de photographie japonais, l’obi remplit principalement une fonction éditoriale et promotionnelle. Il peut contenir le titre de l’œuvre, des informations sur le photographe, des textes promotionnels, des critiques, les récompenses obtenues ou tout autre message que l’éditeur juge pertinent pour présenter le livre au public. Dans certains cas, il peut même contenir des informations qui ne figurent nulle part ailleurs dans la publication.Mais l’obi est bien plus qu’un simple élément publicitaire.Dans le collectionnisme de livres de photographie japonais, conserver l’obi original peut être particulièrement important, car il fait partie de la configuration dans laquelle le livre a été présenté et commercialisé à l’origine. Un exemplaire ayant conservé son obi peut préserver des informations qui disparaissent lorsque celui-ci est perdu : la manière dont le livre était présenté, le message utilisé par l’éditeur pour le promouvoir ou encore les événements liés à sa publication.De plus, les obi sont extrêmement fragiles. Ils sont généralement réalisés en papier fin et dépassent de la couverture, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la détérioration, aux déchirures et à la perte. C’est pourquoi il peut être considérablement plus difficile de trouver un ancien livre de photographie japonais accompagné de son obi que de trouver le même exemplaire sans celui-ci.Pour un collectionneur de livres de photographie japonais, l’obi peut donc faire une différence importante entre deux exemplaires. Il ne revient pas au même de trouver un livre sans obi, un exemplaire accompagné d’un obi ajouté ultérieurement ou un exemplaire ayant conservé l’obi avec lequel il a été publié à l’origine.En définitive, l’obi peut sembler être un petit élément secondaire, mais il possède une grande importance historique et bibliographique dans les livres de photographie japonais. Il fait partie de la présentation originale du livre, apporte des informations sur son contexte éditorial et, en raison de son extrême fragilité, de nombreux exemplaires sont parvenus jusqu’à nous sans lui.C’est précisément pour cette raison que, lorsqu’on trouve un livre de photographie japonais ayant conservé son obi original, il ne s’agit pas simplement d’un livre entouré d’une bande de papier. Il s’agit d’un exemplaire qui a conservé une partie de son histoire matérielle.L’absence de l’obi original avec lequel un livre a été commercialisé peut considérablement réduire sa valeur, parfois même jusqu’à la moitié de celle d’un exemplaire avec obi, car pour la majorité des collectionneurs, il ne s’agit alors plus d’un exemplaire complet du livre.
Exemplaire intervenu par l’auteur
Un exemplaire intervenu par l’auteur est un livre de photographie sur lequel le photographe lui-même a réalisé des modifications physiques ou artistiques après sa publication.Ces interventions peuvent prendre des formes très diverses : ajout de dessins, annotations manuscrites, photographies originales, collages, peinture, tampons, ratures, textes, découpages ou tout autre élément réalisé directement par l’auteur.La différence fondamentale avec un exemplaire signé ou dédicacé réside dans le fait que, pour un exemplaire signé, l’intervention du photographe se limite généralement à sa signature, tandis que dans un exemplaire intervenu, l’auteur modifie ou enrichit physiquement le contenu ou l’apparence du livre.Ce type d’exemplaire peut revêtir une importance particulière, car chaque intervention peut transformer le livre en une pièce unique. Même lorsque plusieurs exemplaires appartiennent à la même édition, une intervention différente réalisée par le photographe confère à chacun des caractéristiques qui lui sont propres.Dans certains cas, ces exemplaires peuvent avoir été réalisés intentionnellement par l’auteur comme des œuvres uniques ou comme une petite série d’exemplaires intervenus. Lorsque l’intervention est directement liée au projet photographique, elle peut également établir un lien particulièrement intéressant entre le livre publié et la pratique artistique du photographe.C’est pourquoi, dans le collectionnisme de livres de photographie, il convient de distinguer :Livre signé : contient uniquement la signature de l’auteur.Livre inscrit ou dédicacé : contient une signature accompagnée d’un message personnel.Exemplaire intervenu : l’auteur modifie physiquement l’exemplaire au moyen d’une intervention artistique ou conceptuelle.L’exemplaire intervenu se situe ainsi dans un territoire intermédiaire entre le livre de photographie et l’œuvre d’art unique. Son intérêt dépendra notamment de la nature de l’intervention, de son authenticité, de son lien avec le projet et de l’importance du photographe.

Ici, nous pouvons voir le grand Txema Salvans intervenant sur quelques exemplaires de son dernier livre de photographie, « Sunday Morning », publié par RM.



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