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J'ai commencé mon travail au Rwanda, mais je réfléchis à 1994 en lien avec les deux pays depuis dix ou vingt ans. J'ai réalisé que les enfants, surtout en Afrique du Sud, ne portent pas le même bagage historique que leurs parents. Je trouve leur engagement dans le monde très rafraîchissant, car ils ne sont pas accablés par le passé, mais en même temps, on les voit grandir avec ces récits de libération qui, d'une certaine manière, sont des mensonges. C'est comme si on savait quelque chose qu'ils ignorent sur l'échec ou les failles potentielles de ces récits…


La plupart des images ont été prises dans des villages du Rwanda et d'Afrique du Sud. La frontière est ténue entre une nature considérée comme idyllique et un lieu où se produisent des événements terribles, imprégné de génocide, un espace constamment contesté. Vu comme une métaphore, c'est comme si plus on s'éloignait de la ville et de ses systèmes de contrôle, plus les choses devenaient primitives. Parfois, les enfants semblent conservateurs et vivent dans un monde ordonné ; d'autres fois, ils ont quelque chose de sauvage, comme dans Sa Majesté des Mouches, un lieu sans règles. C'est particulièrement visible dans les images du Rwanda, où des vêtements donnés d'Europe, porteurs de significations culturelles particulières, sont transférés dans un contexte totalement différent.


Être parent a radicalement changé mon regard sur les enfants, d'où le défi de les photographier sans sentimentalité. Photographier un enfant est très différent – et à bien des égards plus difficile – que de prendre le portrait d'un adulte. Le rapport de force habituel entre le photographe et le sujet change subtilement. J'ai recherché des enfants qui semblaient déjà dotés d'une personnalité bien définie. Il y règne une honnêteté et une ouverture d'esprit impossibles à évoquer autrement.

1994 - Pieter Hugo

45,00€Prix
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