En janvier 1991, Keizo Kitajima entama une série de reportages d'un an pour le magazine japonais Asahi Graph, parcourant les quinze républiques de l'Union soviétique en compagnie du journaliste Kazumasa Nishioka. Kitajima, alors à un tournant de sa carrière et sur le point d'abandonner définitivement la photographie instantanée, se retrouva malgré lui à documenter les derniers mois de l'URSS. Quelques jours seulement après la publication du dernier épisode de cette série dans un numéro d'Asahi Graph en décembre 1991, l'Union soviétique cessa officiellement d'exister.
Dans ses photographies, Kitajima a capturé l'essence même de chaque lieu visité, non pas à travers des lieux symboliques ou des figures célèbres, mais en se concentrant sur des gens ordinaires, dont les histoires n'auraient autrement jamais été racontées.
Cette publication en 2025 de « URSS 1991 » s'inscrit dans le cadre d'un réexamen continu de l'œuvre passée de Kitajima, faisant suite à des ouvrages tels que « Journal européen 1983-1984 » et « New York (Nouvelle édition) ». Dans le cadre de ce processus, Kitajima a décidé d'associer ses photographies de l'URSS de 1991 à une série qu'il a prises entre 1983 et 1984 dans diverses villes d'Europe de l'Est.
Outre une postface de Keizo Kitajima, « URSS 1991 » comprend également un essai de Shino Kuraishi.Les sujets et les thèmes de ce livre sont extrêmement divers. Alors que la plupart des œuvres précédentes de Kitajima s'attachaient à saisir, dans le cadre restreint de la rue, les caractéristiques distinctives des passants anonymes, cette série inclut également des sujets d'importance culturelle et historique : des membres du clergé, des politiciens, des acteurs, la dépouille d'un chanteur assassiné, des érudits, des membres de la famille royale, etc. Kitajima les présente côte à côte, sur un pied d'égalité, avec des gens ordinaires de professions et d'appartenances diverses […]
L'un des thèmes récurrents des observations au long cours de Kitajima est l'attention constante portée à l'individualité des personnes d'origines ethniques diverses. On peut citer en exemple l'intérêt récurrent porté aux personnes d'origine coréenne vivant à travers l'Union soviétique : le portrait d'une jeune fille à Ioujno-Sakhalinsk (anciennement Toyohara) devant une maison datant de la période coloniale japonaise ; un professeur d'université ; un journaliste ; une famille coréenne installée à Alma-Ata (aujourd'hui Almaty) au Kazakhstan. Le portrait de la jeune fille, en particulier, témoigne de la résilience de ceux qui, arrachés à leurs racines et contraints de s'installer en terre lointaine, se sont endurcis en s'y installant durablement. Malgré les vastes distances entre la Sibérie et l'Asie centrale, les lieux et les portraits présentés dans le livre rappellent également la double culpabilité du Japon envers le peuple coréen : d'abord à travers la domination coloniale, puis par la négligence d'après-guerre.
— Extrait de l'essai de Shino Kuraishi intitulé « Individus dispersés et différences »
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